L’INVITÉ DU MOIS - 09 - LUC CROMHEECKE

1 juillet 2009

Trés jeune j’étais abonné au journal de Spirou. Mais en grandissant j’ai commencé à m’intéresser à la bd plus adulte, à l’époque c’était Fluide Glacial et Psikopat. En discutant avec un copain je lui disais que je ne lisait plus car j’étais passé à autre chose. Il m’as répondu “Quoi mais tu connaît pas Tom carbone alors !”. L’argument servait à lui seul a défendre l’hebdomaire. Curieux je me suis dépéché d’en acheter un exemplaire. C’est comme ça que j’ai découvert le travail de ce dessinateur flamand que j’adore depuis..

Tom carbone est une sorte de héros de bd “moyen”, propulsé dans des aventures nonsensique. Parfois ces histoires sont le reflet absurde et décalé du quotidien. Parfois il évolue dans des épisodes plus longs, plus rocambolesques. Cette série Imaginé par Cromheecke et Letzer a été publié dans le journal de spirou. Dupuis éditera 4 albums mais après 10 ans l’éditeur belge décide d’arréter la parution. Ca ne se vendait pas assez.

Il faut dire que Tom Carbone a le cul entre de chaises. Trop franco belge pour les amateurs de bd d’auteurs ou trop décalé pour les gens qui aiment le gros nez. Bref cette série a du mal a trouver son public et reste donc une série “culte” aprécié des connaisseurs. Je vous conseille d’aller dénicher ces livres merveilleux.

Cromheecke est connu aussi pour ses dessins de bons d’abonnement du Journal de Spirou. Des images pop et délirantes sur des gags de Thiriet. C’est presque devenu une institution du journal.


plunk bd

Apres Tom Carbone il crée avec Fitzgeral la série de Strip Tacozip. Plusieurs années après il reprend un de personnages issu de cet univers. Plunk ! 10 ans ont passé depuis la fin de Tom carbone. Son vieux complice Letzer reprend du service au scénario. Tant mieux iles histoires sont jamais aussi bonne que quand il travaille ensemble. Dans certaines pages il s’essaye de rénover le principe de gag classique comme celui du naufragé sur une île déserte avec son unique palmier. Publié maintenat depuis 4 ans dans le journal de Spirou, ette excellente série reste une des rares bonne raisons de lire l’hebdo belge. Trois album sont parus.

Le dessin de Cromheecke est impressionant par son coté synthétique, lisible. Il aime dessiner le quotidien et le stylise avec une grande simplicité. Dans ses bd les décor sont toujours sobres pour faire resortir l’aspect grotesque, délirant des personnages. Leurs expressivités est en contre point avec le contexte qui montre un univers de tous les jours.

Son style est faussement classique. Son dessin doit autant a l’école franco belge qu’au cartoonist américain tel que Don Martin ou Gary Larson. Couleurs flashy, sens immédiat du découpage, ar de l’ambiance tous ses élement font qu’ il modernise avec brio une tradition, dont il est un des rare bon représentant. Mais pour conclure n’oublions ps l’élément essentiel, ces bd sont drôle. Dedans il cultive avec gout l’art du non sens.

plunkblog.blogspot.com

C’est aussi un grand amateur d’images. C’est lui qui m’as fait découvert il y a longtemps Jim Flora et E-boy. Je suis content car il a décidé de parler de Lamelos, un collectif hollandais pas assez connu a mon goût !

Yassine

LAMELOS PAR LUC CROMHEECKE

1 juillet 2009

Lamelos c’est Aleks, Jeroen , Boris et son frère Sam. Ils étaient ensemble à l’académie de Kampen (école d’art d’une petite ville un peut plus haut que Amsterdam). Ce sont à l’heure actuelle les dessinateurs les plus importants dans le monde de la bd underground d’aujourd’hui en Hollande.

En collectif où individuelement ce sont de supers dessinateurs. J’adore leur travail parce qu’il est toujours optimiste et sans prétention. Ils sont super créatifs et multidisciplinaire. Petits livres mais aussi albums classique, peinture, customisation d’objets, badges, t-shirts, affiches, etc, etc.

Ils aiment aussi construire des tas de choses inutiles : décors, objets & machines. Leurs performance sur les festivals de bd sont très fun et toujours complètement folles.

Leur humour est absurde et sec dans la tradition dans les pays
neerlandophones comme Kamagurka et Her Seele, Windig & De Jong (Heinz) et Mark Retera (Dirkjan).

Ils ont sorti 3 albums collectif classiques avec des personnages qu’il dessinant tous. “Kaasheld et Poephoofd” : Héros du fromage et tête de caca”.

www.lamelos.nl

LUC CROMHEECKE

Merci Luc pour cette découverte “exotique”

Prochain invité Fabrice Houdry

IMAGE DE LA SEMAINE - 043

29 juin 2009

Image d’ André Hellé (1871-1945) trouvé sur le site ricochet. Un très bon article lui est consacré ici.

Yassine

JEAN JULLIEN - 02

25 juin 2009

du 26 juin au 5 septembre

L’excellent Jean Jullien dont je vous ai déjà parlé avec enthousiasme ici expose tout l’été à Paris. Entre illustration et graphisme, ses images et ses installations sont pleines d’une émotion joyeuse et communicative. Ce jeune graphiste fait des merveilles avec peu de choses. Une simplicité bluffante !!

Une expo à ne pas manquer.

Vernissage : Vendredi 26 juin - 18h00

Galerie des arts graphiques
4 rue Dante - Paris 5
M° Cluny La Sorbonne

Yassine

IMAGE DE LA SEMAINE - 042

22 juin 2009

IMAGE DE LA SEMAINE - 042

Affiche signée par la toujours brillante Zeloot.

Yassine

YÛICHI YOKOYAMA

20 juin 2009

On va croire que je suis ami avec l’éditeur de Matière, car je parle de presque toutes leurs sorties. Evidemment ce n’est pas le cas. C’est juste que leur catalogue est un des plus passionnant du moment. Cette petite maison d’édition a débuté en 2004 en publiant le premier livre de cet auteur aussi génial qu’atypique. Travaux public , une petite bd sortie de nulle part et qui fut une vraie révélation.

Plusieurs années et 3 albums après Matière sort le nouvel opus de Yûichi Yokoyama. Entre temps l’auteur à acquis une certaine réputation dans les milieux underground de la bd et du dessin. Ses livres et ses peintures font l’admiration de beaucoup, dessinateurs et amateurs éclairés. La sortie de ce nouvel opus en français est donc un événement. Ce gros volume de plus de 300 pages est une plongée intense dans l’univers très original de cet artiste.

Jardin montre une bande de personnages innombrables qui pénètrent dans un jardin constitué d’installations architecturales aussi improbables que démesurées. L’auteur en démiurge donne vie à des lieux fantasmés, de grands ensembles synthétiques qui ne ressemblent à rien de connu. Il crée un monde de toute pièce : Un monde qui aurait pu exister ou un monde de demain avec d’autres règles. Comme il le dit lui même : “Je ne cherche pas à écrire des histoires situés dans le futur, plutôt des histoires qui s’affranchissent du temps et des époques”.

Le récit a un côté froid et énumératif : Les chose se passent les unes après les autres. Les personnages interchangeables, anonymes expliquent ce qu’il vont faire ou ce qu’ils voient. L’ensemble crée un rythme déroutant. Cette structure radicale pourrait créer une certaine lassitude. Mais la capacité de l’auteur à inventer des espaces aussi fous les uns que les autres fait qu’on ne s’ennuie pas.

Seul déception pour moi, la fin du livre. Ce récit est tellement différent que je m’attendais à ce qu’elle soit tout autre. D’ailleurs je n’imaginais pas vraiment une fin. J’attendais plutôt une idée sans doute insolite, au moins surprenante, quelque chose d’osé, de nouveau. Ce livre est décoiffant mais se conclut donc sur une note décevante. Mais que cette critique ne vous empêche pas de vous plonger dans l’univers incroyable de cet auteur majeur.


Jardin de Yûichi Yokoyama
Matière - 22 euros

www.matiere.org

Yassine

IMAGE DE LA SEMAINE - 041

4 juin 2009

Aquarelle de William BLake. Une rétrospective lui est consacrée jusqu’au 28 juin au petit palais.

Yassine

L’INVITÉ DU MOIS 08 - ESTOCAFICH

31 mai 2009

J’ai déjà évoqué à plusieurs reprises le collectif MISMA. Petit éditeur indépendant créé il y a quelques années par 2 frères, 2 excellents dessinateurs. El don Guillermo, qu’on aperçoit un peu partout ces temps-ci. Il fait notamment la couv du dernier Lapin. Et Estocafich.


Page extraite de Fufurious tome 2

Ce dernier est un auteur plus discret. Son boulot lui permettant moins de dessiner, il a réservé sa production à leur petite maison d’édition. Il publie donc régulièrement dans “Dopututto” le fanzine de Misma, une des rares publications de bd excitantes en France. Il a aussi publié 2 albums toujours chez Misma.

Il est selon moi est le dessinateur de bd français le plus étonnant qui soit apparut ces dernières années. Je suis toujours frappé par la manière inédite et très personnelle qu’il a de styliser les choses, les personnages et leurs expressions.


Page extraite de Loups garous boogie

Dans ses bd, il mélange des cadrages très cinématographiques (vues subjectives, contre-plongées) et un dessin très graphique, plutôt caricatural et rond. L’addition des deux crée une ambiance bizarre. Entre bd de genre et bd comique arty. Marqué par la bd underground, on sent aussi chez lui des influences régressives issues des vieilles séries d’animation françaises (Le manège enchanté, Nounours).

Difficile de dépeindre son univers. D’allure sympathique, il s’agit en fait d’un monde glauque rempli de losers, essayant de survivre ou d’assouvir leurs plus bas instincts : sexe et drogue. Entre John Waters, Romero et Le manège enchanté. C’est sûr, il doit aimer les films fantastiques ! On pense à la saga des morts vivants et évidemment à “Wolf”, le film avec Jack Nicholson. Personnage qu’il incorpore carrément dans sa série Loups garous boogie. Cette série est ma préférée. On peut la lire en ligne sur le site de Grand Papier.

FUFURIOUS 1 & 2 D’Estocafich
Misma - 6 euros l’un

misma.free.fr

Yassine

ESTER PEARL WATSON PAR ESTOCAFICH

31 mai 2009

Je suis tombé il y a un peu moins de deux ans sur les UNLOVABLE d’ Esther Pearl Watson, et ça a été pour moi comme découvrir une pépite d’or dans un tamis !

Pour la petite histoire, Esther Pearl Watson a trouvé un journal intime oublié dans une station service, au milieu des années 90. Et c’est en redessinant les anecdotes de ce journal qu’est né le personnage de Tammy Pierce : une jeune fille mal dans sa peau aux prises avec la cruauté de l’adolescence et l’Amour…

J’adore le trait brut, primitif des images d’Esther et la caricature des teenagers américains des années 80-90. J’adore par dessus tout les look et les coupes de cheveux ! Et on s’attache vraiment au personnage “loser” de Tammy, même si on imagine que l’auteur a quelque peu réinterprété le journal intime initial… Mais je trouve l’initiative vraiment originale et ludique.

Une compilation de tous les numéros d’UNLOVABLE de plus de 400 pages vient de voir le jour chez Fantagraphics et un numéro 2 est déjà en préparation…
Tant mieux, car trouver les UNLOVABLE en librairies (même spécialisées) relève du défi !

À côté de ça, Esther Pearl Watson répertorie sur des formats géants, à l’huile, les apparitions d’ovnis en Amérique. Je trouve les toiles et les ambiances magnifiques.

Pour couronner le tout, elle et son mari Mark Todd sont un peu les porte-drapeaux de la small press américaine. Ils ont édité il y a peu une “bible” pour fanzineux, WATCHA MEAN, WHAT’S A ZINE ?, avec la collaboration de Souther Salazar, Allison Cole, Ron Rege jr, Paper rad, John Porcellino,… bref toute la crème du comix indépendant américain !

C’est des initiatives et des personnes comme ça qui me poussent aujourd’hui à croire en l’auto-édition et me donne la “niaque” de dessiner !

UNLOVABLE, chez Fantagraphics, sous toutes ses coutures ici

www.estherwatson.com

marktoddillustration.com

funchicken.com

ESTOCAFICH

Merci Estocafich pour cette belle découverte.

Prochain invité Luc Cromheecke

KURE KURE TAKORA

26 mai 2009

Ce Programme japonais pour enfant des années 70 développe un univers très personnel. Des personnages loufoques, un poulpe et une courge évoluent dans des décors très graphiques. Le croisement improbable entre Casimir et les films de monstres japonais.

Si on traduit le titre littéralement ça donne : “Je veux ça, je veux ça, Poulpe”. Les histoires plutôt bizarres sont basées sur les obsessions du personnage principal. Un poulpe brutal et chapardeur. Dans cette série la fin est souvent immorale et les échanges de coups fréquents. Un très mauvais exemple pour les enfants.

Les costumes des personnages sont très réussis, à la fois comique et très simple. La musique et le sound design sont particulièrement travaillé et original, des tas de sons surprenants aident a créer l’ambiance folle de ce programme. Il se dégagent de cette série un coté bizarre, un peu comme si Paul McCarthy était japonais et avait créé un programme pour enfant. C’est déviant mais le coté malsain est tellement exagéré et surréaliste que ca devient la beauté de l’absurde. Une vrai bizarrerie.

Le créateur de cette s’appelle Osamu Isono. J’ai cherché, sans succès, plus d’infos sur lui. Si vous en savez plus, laissez moi un commentaire.

Pour les plus mélomanes une musique extraite de la série :

- Shunsuke Kikuchi - Kure kure takora 2:15

Plus de 100 épisodes à voir sur ce site :
www.kurekuretakora.con

Yassine